
Dans les méandres des templiers
(Des méandres de la Rivière Ardèche à la maladrerie des Templiers)
Après avoir suivi plusieurs minutes le long et
large chemin forestier qui, sur plusieurs kilomètres interrompt la
garrigue où renards et sangliers s'ébattent à
l'abri des chasseurs, on "plonge" dans une forêt de chênes.
Progressivement, le chemin se rétrécit. L'Ardèche n'est
plus très loin. Le sentier amorce la descente. Tout à coup,
après un énième virage, c'est le vide !...
L'Ardèche est là, en contre-bas, imperturbable. Sur la droite,
on aperçoit le " Méandre des Templiers"
. Au milieu, entre les boucles naturelles de la rivière, les murs
restants de plusieurs bâtisses apparaissent, comme par magie, au milieu
des bois ; héritage d'un passé chargé de mystères..
Même si la perspective écrase les volumes, les bâtiments
semblent imposants. Le sentier longe désormais la falaise. La descente
est abrupte et rendue glissante par l'humidité ambiante. La pente
devient plus douce ( s'adoucit) . On approche ... Et là, dans une
clairière, la " Maladrerie des Templiers" s'élève
devant nous, ou du moins ce qu'il en reste. Le lieu est chargé d'histoire.
Les rumeurs les plus folles , ont , au fil des siècles, animées
les conversations. La présence d'un éventuel trésor
en a poussé plus d'un à fouiller le site.
On connaît pourtant peu de choses sur la " Maladrerie des
Templiers" des Gorges de l'Ardèche. La DRAC ( Direction
Régionale des Affaires Culturelles) du Languedoc-Roussillon fait
actuellement des recherches historiques. Les résultats sont à
ce jour plutôt maigres(décevants). Néanmoins (Toutefois),
un certain nombre d' éléments laisse supposer que la "
Maladrerie des Templiers" des Gorges de l'Ardèche. située
sur le territoire de la commune gardoise d'Aiguèze, mais propriété
de celle du Garn a joué un rôle important dans la région,
notamment dans les soins contre la lèpre. L'existence établie
d'une Commanderie des Templiers sur le plateau du Garn ; l'analyse du radiocarbone
de l'âge des os trouvés dans le cimetière du site datant
du XIIè Siècle ; les vertus curatives reconnues de l'eau de
l'Ardèche ; le plan de la structure du type Couvent des Templiers
; l'isolement du lieu ; la " Maladrerie des Templiers" des
Gorges de l'Ardèche. , selon ces informations pourrait donc avoir
été uniquement réservée à l'accueil de
Templiers lépreux.
Si la " Maladrerie des Templiers" des Gorges de l'Ardèche.
a subi "l' injure" du temps, il reste toutefois suffisamment
de murs debout pour imaginer et retrouver la structure d'ensemble de l'édifice.
En plus de l'action naturelle néfaste, de la végétation
et de l'érosion, dans les années 50, de peu scrupuleux voleurs
de pierres qui remontaient l'Ardèche en radeaux depuis Saint-Martin
n'hésitaient pas à emporter les plus belles. A la fin des
années 80, des fouilles clandestines ont aussi mis à mal certains
murs et notamment l'abside de la chapelle. La Maladrerie comptait une chapelle
en roman primitif, un bâtiment septentrional qui aurait pu servir
de dortoir, un bâtiment oriental, un jardin ou cloître et, à
l'écart, deux autres édifices .
Depuis plusieurs années, les responsables de la Réserve Naturelle
des Gorges de l'Ardèche, gestionnaire du lieu, se sont penchés
sur ce riche patrimoine. C'est tout d'abord en 1987 , le gestionnaire de
l'époque le G.I.G.A. ( Groupement Intercommunal des Gorges de l'Ardèche)
qui a fait procéder à un défrichage de la Maladrerie
sous le contrôle des représentants des Antiquités Préhistoriques
de l'Ardèche et du comité scientifique. Il y a quelques mois,
le SIGARN ( Syndicat Intercommunal des Gorges de l'Ardèche et leur
Région Naturelle) a décidé d'entreprendre quelques
travaux. Durant le courant de l'automne, les gardes de la réserve
ont entrepris de couper les chênes susceptibles d'abîmer un
peu plus les murs restants. L'objectif pour l'association n'étant
pas de reconstruire la Maladrerie, mais d'éviter qu'elle ne tombe
définitivement en ruines et ainsi ne disparaisse à jamais.
Plusieurs visites du site ont été organisées avec des
représentants du Conseil Général du Gard, de la DRAC
Languedoc-Roussillon, du Service Départemental de l'architecture
du Gard. Toutefois, les premières mesures de consolidation par étayage
ont été réalisées avant que de plus importants
travaux soient entrepris fin 98 et les années suivantes. Les partenaires
ont affiché une réelle volonté pour que revive un édifice
chargé de mystère : la " Maladrerie des Templiers"
des Gorges de l'Ardèche".